Merci à nos mentors du Projet intégrateur!

Ça y est! Nos grands de 5 finissent bientôt!

Mais pour apporter leur dernier cachet dans la spécificité de notre école à projets, ils réalisent brillamment leur œuvre ultime, dans le cadre de leur cours de projet intégrateur.

Cependant, ils n’y parviennent pas tous seuls.

De nombreux mentors les ont guidés, encouragés, soutenus et félicités.

En publiant ici la biographie de certains d’entre eux, nous tenons à exprimer notre reconnaissance à ces conseillères et conseillers qui ont accepté de rester pour nous une source de motivation et d’inspiration.

Julien Fontaine – Mentor de Catherine Caron et Emmanuelle Rivard-Miljours dans leur projet Le grand jeu médiéval
MCE.pngÂgé de 30 ans, Julien est un professeur de judo passionné, talentueux et dévoué depuis déjà sept ans. Il est enseignant et directeur adjoint à judo Torakai depuis 2013. Il est aussi le coach de plusieurs élèves qui participeront à des compétitions à travers le Québec. En plus du judo, les combats médiévaux font partie de sa vie. D’ailleurs, il est arrivé en 3e position au tournoi international de l’AMHE (Arts martiaux historiques européens) en 2016. De plus, il participe à plusieurs GN (grandeur nature) tel Bicolline où il incarne un pirate nommé Capitaine Éliath Dixtraits. Mais faites attention ! Julien est peut-être sympathique, sérieux et calme, cependant, on ne doit pas le sous-estimer. Sa nature incroyablement compétitive augmente sa soif de victoire qu’il veut obtenir à tout prix.MCE2.png

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Valentina Sànchez – Mentor de Laura Rojas dans son projet d’écriture d’un roman

Laura.pngValentina Sànchez est étudiante dans une école francophone à Ottawa. Elle est une passionnée des mondes que nous font vivre les mots. Pour cela, depuis qu’elle est toute petite, elle écrit des histoires.
Grâce à son talent, elle écrit des nouvelles et de petits textes dans le journal  Chez de la Salle de son école. Valentina est aussi une personne très artistique. Dans ses temps libres, soit elle joue du piano, soit elle dessine ou est avec un bon livre dans ses mains. Elle voudra continuer son cheminement à l’université et étudier les relations internationales, et, en même temps, écrire.

« Jackie » Carrière Mentor de Ricky Liu, Mohamed Elshenawy et Rilke Ndjakou dans leur projet d’entreprise RMR Macarons

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C’est depuis 20 années que Jacqueline Carrière, « Jackie », enseigne l’anglais. Présentement, elle a 52 ans et l’esprit très vif. Elle aime tricoter, s’occuper de ses trois caniches et de ses deux enfants, mais surtout, elle adore beaucoup ses élèves. Dans son temps libre, elle fait de la lecture et regarde ses séries télévisées britanniques préférées. Jackie est très impliquée dans son milieu de travail. Par exemple, elle a fondé la Coopérative scolaire de notre. Elle est adorée par tous les élèves. Elle est empathique, sociable et compréhensive. Cependant, elle peut être intolérante. Son style d’enseignement est formidable, varié et divertissant. Elle nous a beaucoup assistés dans notre projet sur les macarons.

FÉLICITATIONS À TOUS CES MENTORS POUR LEUR BELLE ASSISTANCE !

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LE BEL ET LA BÊTE – Alexandra Parent – Conte

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383px-SophieAndersonTakethefairfaceofWomanDepuis le début des temps, parmi les nuages, se cachait un être ailé dans une contrée volante. Cette créature intimidante était solitaire et désirait plus que tout au monde la présence d’un ami à ses côtés ou d’un individu qui pourrait apaiser sa souffrance. Quelqu’un qui saurait voir au delà de sa différence et l’apprécier à sa juste valeur.

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Mais la bête n’osait espérer la venue de cette personne. De toute façon, les rumeurs étaient déjà bien connues dans le village: « N’y allez surtout pas, elle vous capturera de ses ailes noires gigantesques et vous dévorera tout crus! ». Ou bien: « Elle fera de vous un de ses serviteurs et vous gardera dans son manoir à tout jamais! ». Ces sottises effrayantes repoussaient mêmes les plus fous des environs, personne ne risquait de s’aventurer près du territoire de la bête dite effroyable. Pourtant, parmi les nombreux villageois ailés, l’un d’entre eux doutait encore des accusations portées sur la bête mystérieuse.

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« Mais vous ne saisissez pas du tout, mère! Ces gens craignent ce qu’ils ne connaissent pas! », s’insurgea Elios, le barde talentueux et charmant du village. Cette dernière expira calmement, battit légèrement de ses ailes bleutées puis s’exprima d’un ton doux:

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« Quand ton esprit sera plus mûr, tu comprendras la raison de nos inquiétudes. Elios, dois-je te rappeler la disparition de notre pauvre jardinier qui tentât courageusement d’aller affronter la créature aux ailes noires dans son propre manoir?! »

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« Je sais très bien qu’il n’en est jamais revenu… Mais qu’est-ce qui nous prouve qu’il en est mort? », insista le jeune musicien. Vous jugez trop vite sans même faire l’effort de bien connaître l’essence des choses! Je m’en vais. »

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Le jeune homme s’en alla, continuant à réfléchir. Puis, il prit la décision qu’il trouverait la vérité par lui-même. Qui pourrait encore affirmer la nature malsaine de la bête, s’il revenait sain et sauf? Alors, déterminé, il  monta sur son Pegasus, quitta le village et prit la route de la demeure de la créature mystérieuse. Quelques heures passèrent avant qu’il atteigne les imposantes portes de la demeure. Ces dernières semblaient anciennes, lourdes et poussiéreuses. Il descendit du dos de son compagnon ailé et secoua ses ailes dorées. Aussitôt qu’il s’approcha des grandes portes, elles s’ouvrirent d’elles-mêmes. Le jeune homme franchit le seuil, sentant le désir d’aventure monter en lui…Mais celui-ci fut vite remplacé par la déception. Devant lui se trouva deux autres portes fournies de serrures. Elios frappa la porte à plusieurs reprises, en vain.

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Puis magiquement, celles-ci s’ouvrirent d’elles-mêmes. Une séduisante femme au regard ambré  et aux courbes somptueuses se tenait sur le seuil. Le jeune homme prit un instant pour admirer l’inconnue d’un air béat puis remarqua ses deux ailes noires imposantes mais élégantes. Il venait tout juste de rencontrer la créature qui semait la peur dans tout le village et il était tout de même tombé sous son charme. Il ne désirait plus qu’une chose : rester aux côtés de cette demoiselle pour l’éternité. Il aperçût plusieurs hommes loin derrière la femme puis il comprit tout. Les disparus étaient des hommes comblés et demeuraient dans ce manoir de leur propre gré auprès de celle qu’ils semblaient tous aimer aveuglément. L’éblouissante enchanteresse sourit tristement et tendit doucement la main vers Elios, l’invitant  à l’intérieur. Puis, lentement, les portes se fermèrent derrière eux sans jamais s’ouvrir de nouveau.

Image fée Licence CC prise par Sophie Gengembre Anderson, Source

CE POÈME PARLE DE POISSONS – Zac P. – Poème

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« J’aime l’image que me projette ce poème : d’abord, une image innocente et simple; ensuite, une critique de la société. Tu as réussi à transposer deux strophes qui renvoient à des idées complètement différentes. C’est très original. Bravo Zac! » Philippe Brassard (stagiaire de Francis Provost, enseignant de sciences humaines, économie et ECR à l’Agora)

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NemoAdvertisingIdahoAquarium

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J’aime les poissons

Il y en a des longs

Il yen a des bons

Il y en a des ronds

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Mais des fois

Ça ne tourne pas rond rond

Dans le monde des poissons

Poisson poisson, ça ne tourne pas rond

Ce n’est pas du bonbon

Mais bon

Le monde ne tourne pas rond

Image poisson Nemo CC prise par Kencf0618. Source

 

LA POUTINE – Tommy Fortin-Demers, Jimmy-Lois Gagnon-Gallese, Mathieu Poirier-Tremblay – Poème

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« Un bel hommage au Québec 🙂
On voit où se situent vos intérêts⋅⋅⋅ Hahaha!
Remarquez, vous avez bien raison : rien n’est plus réconfortant qu’une poutine bien grasse. 😛 Bravo les gars! » Julie.

(Julie Figueiredo est enseignante de français et projet intégrateur à l’Agora)

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Mon ventre gargouille
C’est comme le son d’une grenouille
Je commence à penser
À ce que je vais manger
Sur le bord de mes lèvres, ma bave dégouline
Je pense à une grosse poutine
Je ramasse mes clés
Et je saute dans ma Hyundai
Je fais des stops américains
J’ai beaucoup trop faim.
Une fois arrivé
Je cours vers le caissier
Je sens monter dans mes narines
L’odeur merveilleuse de la poutine
Pas question de l’emporter
J’ai trop hâte de la dévorer
Quelle meilleure invention
Pour remplir mon bedond
Merci Québec
Pour cette merveilleuse recette

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Poutine: image Wikipédia. Source

 

 

L’ÂME D’UN CHAMPION – Mark-Olivier Mollot – Nouvelle littéraire

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« Wow!!! Comment modifier un moment merveilleux dans la vie d’un athlète en drame.  Tu as réussi à décrire en détail toute la douleur qu’un cycliste peut vivre durant ces quelques heures de torture.  Tu peux être fier de ton texte.  Lâche pas, tu vas y arriver. Bravo! » Mélissa Soucy (enseignante d’éducation physique et d’ECR à l’Agora)
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L’ombre se disputait à la lumière à travers les pins. Malgré cela, la chaleur était insoutenable. La canicule, la vraie. Et le sommet du Mont Ventoux était encore loin. Il fallait résister, supporter la douleur, avancer et avancer sans se retourner. Un champion ne pouvait pas mettre pied à terre. C’est ce que ce dit Marko ce jour-là. Le matin même, il ne pensait qu’à cela, remporter une dernière course. Il la voulait cette étape, il en rêvait depuis longtemps. Pourtant, dans les pentes infernales, ses pensées s’accordèrent sur tout autre chose, boire. Il regarda ses porte-bouteilles, plus rien et pas de ravitaillement possible. Marko avait soif. Il sentait déjà ses muscles se raidir sous l’effort.

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Dans la foule, il voit quelques spectateurs lui tendre une bouteille. Il ne réfléchit pas et saisit une bouteille d’un spectateur sur le coté de la piste. Une longue gorgée, espérée, mais qui a elle aussi le goût du feu. Pas d’eau, même bénie, dans cette fichue bouteille. Sans le savoir, Marko vient de s’offrir son dernier verre de cognac. Quelques minutes plus tard, son espoir se change en désespoir. Ses jambes jusque-là ses complices dans l’adversité, refusent de tourner pour avancer et un à un ses adversaires le rattrapent. Marko ne peut rien faire à part les regarder passer. Le cognac combiné aux cachets qu’il a pris ce matin, l’a vidé de toute son énergie emmagasinée et restante.

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Son esprit commençait à défaillir, le laissant seul face à une simple destinée. Le regard vide, cherchant à rester concentré sur ces cimes qu’il apercevait plus haut. Dieu qu’il voulait les atteindre. Même privé de tout, il fallait avancer. De lui ne restait rien d’autre qu’une silhouette fantomatique perdue sur la piste. Son corps était redevenu celui d’un dur de la route. Ses jambes tournaient, mais il ne pédalait plus. Ses forces venaient de l’abandonner définitivement. Il devait abandonner, mais il se refusa à cette idée. Il se dit: « Un champion ne meurt jamais » et il voulait le montrer. Alors, avec l’énergie du désespoir, il ne lâcha plus son guidon devenu un engin de torture entre ses mains. Il était Marko, ancien champion du monde de cyclisme professionnel. Dans un dernier geste d’honneur, il chercha à se relever. Mais en vain. Son esprit venait de s’abîmer dans les limbes et ses chairs de s’affaisser sur son vélo.

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Le champion titubait sans espoir de se relever et les spectateurs comprirent que cette fois, c’était vraiment fini. Marko venait de s’écrouler. Il était à un kilomètre du sommet et fier de ne pas avoir abandonné. Alors, il laissa partir son esprit. Les premiers spectateurs venus l’aider l’allongèrent sur la piste chaude. Sa route venait de s’achever sur ces pentes caillouteuses. Son cœur avait cessé de battre. Quant à ses yeux fermés, ils lui indiquaient un autre chemin, celui vers le ciel. Dans cette mort venue le chercher, il aura continué de lutter, gardant dans son âme cette folie signifiant seulement que le champion voulait s’offrir un dernier tour de piste et juste pour une dernière fois, saluer son public.

 

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Image prise par Team Spider Tech. Licence CC. Source

LE SECONDAIRE – Mathieu Laroche-Gratton – Poème

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« Malgré tes difficultés et tes blessures, tel un gladiateur, tu as su faire face aux obstacles et tu les as surmontés. Mathieu, tu es un gagnant et ton magnifique poème nous le démontre bien. Bravo pour ta persévérance et tes efforts. Avec ta détermination et ton attitude positive, tu as tout ce qu’il faut pour sortir vainqueur de l’arène! » Martine et Jacinthe

(Martine Grégoire, éducatrice spécialisée à l’Agora. Jacinthe Guertin est sa stagiaire).

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Le secondaire c’est comme une arène de gladiateurs.

Tout le monde cherche à rester vivant de n’importe quelle façon.

Des gens cherchent des alliances avec de puissants guerriers, d’autres ne pensent qu’à survivre aux coups de haches et d’épées.

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Plusieurs restent calmes et silencieux pour ne pas attirer l’attention et se faire ignorer.

Ce n’est qu’au premier coup de faiblesse qu’un gladiateur vous plantera l’épée en plein cœur.

Que ce soit votre pire ennemi ou même votre meilleur ami.

Dans l’arène, rien ne peut arrêter le temps. Tout va si vite et les coups sont vrais.

Suicide, mutilations et drogues. Tout commence dans l’arène et tout se terminera dans l’arène.

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Sauf si nous avons survécu à l’impossible.

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Nous réalisons que l’arène n’est pas là pour nous tuer, mais bien pour nous rendre plus forts. Pour nous faire voir à quel point il faut profiter de la vie.

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Plusieurs personnes ne sont jamais allées dans cette fameuse salle de combat. D’autres ont vécu pire que cela. Elles se rendent compte que cet endroit à changé leur vie.

Certains ne sont jamais revenus et ont abandonné ce combat à mort.

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Le secondaire ne donne pas les mêmes chances à tout le monde. Comme parfois tous les gladiateurs ne sont pas faits pour aller se battre dans l’arène.

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Image 2

 

Image 1 prise parSimon Bisson. Licence CC. Source

Image 2 prise par aatlas. Licence CC. Source

 

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TRISTE TEMPÊTE – Kloé Morin – Nouvelle littéraire

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« Triste sort que celui réservé à cette mère. On n’aurait pu écrire cette histoire il y a vingt ans. On sent l’inquiétude et l’angoisse dans ce texte. Bravo! » Isabelle Proulx (enseignante de français et cinéma à l’Agora)

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fleur orange

C’était une journée très froide, on pourrait même dire que cette journée était glaciale. Les flocons tombaient par milliers et les vents soufflaient fort. Ce matin-là, ma mère était pressée. Comme tous les matins, elle était sublime dans sa jolie robe bien taillée et son rouge à lèvres qui lui allait à merveille. Elle devait se rendre au travail et comme celui-ci se trouvait loin de la maison, elle devait s’y rendre en voiture. Lorsque vint pour elle le moment de partir, elle m’embrassa sur les joues et me souhaita une bonne journée de congé, l’école était fermée à cause de la tempête. Je lui demandai de m’appeler lorsqu’elle arriverait, car je voulais être certaine qu’elle se rendrait bel et bien au travail.

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Les heures passaient et je m’inquiétais de plus en plus parce qu’elle ne m’appelait pas. Après un certain temps sans avoir de nouvelles, j’appelai sur son cellulaire à maintes reprises, mais il n’y avait aucune réponse. Malgré le fait que son travail était à environ une heure à pied, j’enfilai mon habit de neige et m’aventurai dans la rue pour parcourir le chemin. Il faisait terriblement froid et je pleurais, car je commençais à m’inquiéter énormément. Après une trentaine de minutes de marche, je vis l’auto au loin et je m’avançai vers celle-ci qui était en très piteux état. Je tirai sur la portière du côté passager, mais elle était coincée. Après de nombreux efforts, la porte s’ouvrit. Je me penchai afin d’aider ma mère, mais c’est à ce moment-là que je la vis. Je poussai un cri et m’effondrai, je hurlai et je pleurai. Je venais tout juste de trouver ma mère, tout en sang. Elle était morte, son téléphone à la main.

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Mes appels incessants l’avaient tuée.

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Image fleur rouge prise par rubychandra, licence Creative Commons. Source

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ÊTRE OU NE PAS ÊTRE – Gabriel Cyr – Nouvelle littéraire

« Gabriel a travaillé très fort sur ce texte et il en est très fier, nous aussi. Ce travail lui a permis de découvrir une facette littéraire de lui qu’il n’avait jamais explorée et qu’il aime bien. Il arrive qu’il nous écrive d’autres nouvelles dans ses temps libres sur son ordinateur. Bravo Gab, quel beau travail! » Nathalie Le Ber (mère)

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éternité 800

Je m’étais subitement réveillé au beau milieu d’une prairie que je n’avais jamais vus auparavant. Sans trop savoir pourquoi, mes vêtements étaient trempés et mes cheveux mouillés. Je m’efforçais à me lever malgré mes yeux encore aveuglés par ce réveil éprouvant. Assourdi, j’essayais de m’éloigner de ce bruit qui vibrait dans mes oreilles comme des voix. Ce sifflement constant ne cessait de m’importuner. J’étais possédé, paniqué.

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Pendant que ma vision s’éclaircit, j’examine l’éclatant paysage. En faisant le tour de moi-même, j’aperçois un immense tilleul. Au pied de cet arbre, une personne est immobile et allongée sur cette grande herbe verdoyante. Je fais à peine quelques pas vers lui pour constater que cet homme vient de recevoir deux balles à la figure. Je perçois encore les trous sur son crâne et le sang sec sur sa peau. Les balles ont traversé les nombreuses rides qui gravaient la vieillesse sur son visage. Je peux voir la peur dans ses yeux bleus, toujours ouverts. Son nez enfoncé et les balafres sur ses lèvres le défigurent gravement. Il y a de nombreuses mutilations sur son avant-bras. Je ne peux comprendre ce qui lui est arrivé. Un anneau diamanté au doigt : j’imagine qu’une femme apeurée attend son retour impossible. Mon regard figé sur ce cadavre livide me donne une impression de déjà-vu. J’ignore si cela provient de sa tenue déchirée ou bien de ses cheveux, mais une chose est sûre : ce macchabée est dans mes souvenirs.

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 Je suis agenouillé devant ce mort à qui j’ai fermé les yeux. Horrifié, j’arrive à être empathique avec cette personne. En me retournant, laissant mon propre corps derrière moi, je continue mon chemin vers cette éternité inconnue, car ce monde ne m’appartient plus.

 

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Image provenant de dammesaya, licence Creative Commons. Source

LE MIROIR MAGIQUE – Jennifer Laforest – Nouvelle littéraire

« Bravo Jennifer, ton texte est très original. Je suis très fière de toi!

– Maman »

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Snow White 800..

C’était une après-midi ordinaire, alors que ma sœur Kelsey et moi, Jennifer, nous nous promenions dans le centre-ville de Montréal pour faire des courses comme chaque vendredi. Boutique après boutique, on sortait avec plein de sacs à la main. Plus tard, le soir, alors que l’on était sur le chemin du retour, Kelsey aperçut une vieille boutique remplie d’objets antiques. Kelsey, curieuse, insista pour aller y jeter un petit coup d’œil. Une fois entré dans ce magasin sombre, personne n’avait l’air d’être présent. Ma sœur et moi regardions paisiblement tous ces objets fascinants. Un miroir me sauta aux yeux, sa beauté était inexplicable. Il était d’un brun foncé scintillant. Ce miroir était composé de plusieurs petits traits fins. C’était l’œuvre de quelqu’un de minutieux. Ensuite, une femme sortit de nulle part pour nous dire bonsoir. Nous la saluâmes en retour, puis je lui demandai le coût de ce miroir resplendissant qui était installé juste devant nous. Elle me répondit : «200$, mais nous n’offrons pas la livraison». À la suite d’une petite conversation seule avec Kelsey pour se demander si le prix était vraiment raisonnable, je décidai de l’acheter. La dame souriait, elle était contente que quelqu’un vienne enfin acheter dans son magasin. Après l’achat, je retournai déposer ma sœur chez elle.

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Arrivée chez moi, je rangeai mes nouvelles chaussures et mes vêtements assortis. Après le rangement, j’ai pu apporter ce fameux miroir jusqu’à l’intérieur. Il fallait lui trouver une place où il serait visible pour que tout le monde puisse le contempler. Je décidai après quelques réflexions de le placer dans le coin de mon salon. La journée s’achevait, alors j’allai prendre un bon bain chaud rempli de mousse. Ensuite, je m’assoupis sur mon grand canapé beige en regardant un film dans mon salon. J’avais adopté une petite routine matinale : chaque matin, avant d’aller travailler, je prenais une douche, je déjeunais, je me maquillais et pour terminer, je prenais mes messages électroniques. Mais ce matin-là ne s’était pas passé comme tous les autres. À l’étape de me maquiller, en me regardant dans le miroir que j’avais acheté, je m’écroulai au sol. À mon réveil, deux heures plus tard, mes idées étaient plutôt floues. Cependant, je me rappelai un joli paysage phénoménal, une mer bleue turquoise avec de jolis arbres remplis de feuilles roses, mais rien de plus. Je croyais que ce n’était peut-être qu’un petit malaise. Le jour suivant, ma routine continuait. Encore une fois, je ne m’étais pas rendue plus loin qu’à l’étape où je me tenais debout devant mon miroir et pouf, je m’écroulai une fois de plus au sol. Cette fois-ci, je ne me réveillai pas avant cinq heures.

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Mes idées étaient plus claires, mais j’étais malgré tout totalement désorientée. Je me trouvais en fait dans un autre monde complètement différent de celui que l’on connaissait habituellement. Une semaine passa, encore avec ce même évènement chaque jour. Cependant, je passais mes journées dans ce pays enchanté. Dans ce monde, les gens m’acclamaient, j’étais leur reine, celle qui dirigeait le peuple. Tous les habitants du village m’aimaient. J’étais toujours vêtue des plus beaux vêtements confectionnés à la main et chaussée des plus beaux souliers. Je devais combattre les personnes les plus méchantes. Toutefois, la peur m’envahissait, je commençais à comprendre et à faire le lien entre le miroir et ces évènements mystérieux. Chaque fois que je me retrouvais devant lui, je m’écroulais. Je me disais que ce n’était pas normal, alors je mis un long tissu blanc qui le recouvrait de haut en bas et fis quelques recherches sur Internet en lien avec les miroirs. Je trouvai des sites qui parlaient de miroirs magiques et enchantés. J’avais extrêmement peur et d’un coup, je décidai de retourner au magasin, mais il n’était plus là. Je devenais absolument folle.

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De retour chez moi, je me préparai un bon plat et sautai dans un bain chaud. Comme il était assez tard, je décidai d’aller me coucher. D’un sursaut, je me réveillai, j’entendis ma mère crier : « JENNIFER, il est l’heure que tu te réveilles, tu vas manquer ton autobus pour aller à l’école». En me réveillant, j’étais redevenue la petite Jennifer qui était seulement au secondaire et qui habitait encore chez sa mère. Tout ce cirque-là n’était qu’un rêve et j’en étais très contente.

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Image provenant de Loco Steve, licence CC. Source